Pour l’an neuf qui éclot dans ce froid délétère,
Je vous souhaite un monde où s’estompent les guerres,
Que germent vos beaux projets et secrètes promesses…
Que nos cœurs en hiver s’irriguent de tendresse.


Depuis la sécheresse de l’été 2022 et celle de cet hiver, nous nous sommes réveillés brutalement : l’eau inépuisable et gratuite, c’est sans doute bientôt fini. » L’eau face au défi du changement climatique : Comment le relever ce défi, et plus précisément dans notre région ? Sur RCF Commune planète.

Le soixantième anniversaire de l’ouverture de Vatican II, le 11 octobre 1962, a donné l’occasion de revenir sur le bilan d’un concile qui s’est achevé en 1965. Et certains ne manquent pas d’attribuer à son application – voire à son existence même – l’hémorragie qui secoue depuis l’Eglise catholique : crise des vocations, effondrement des sacrements. Et surtout décrochement d’une pratique dominicale passée de près de 30 % de la population française, dans les années 1950, à 2-3 % aujourd’hui.
Concordance troublante des calendriers : 1965 a été en fait l’année charnière de toutes les ruptures sociétales et institutionnelles ! Que ce soit avec la révolution contraceptive, le décollage de la courbe des divorces, l’allongement de la scolarité, l’avancée de l’exode rural en même temps que l’émergence de la société de consommation. Toutes les statistiques montrent que la « révolution de Mai 68 » n’a été que le révélateur et le catalyseur d’un mouvement d’émancipation commencé au milieu de la décennie 60 et amplifié par l’arrivée des baby-boomers sur la scène publique.
Cette vague de libéralisation des mœurs et de contestation des institutions n’a épargné ni l’université en voie de démocratisation, ni l’armée sortie de calamiteuses guerres coloniales, ni la famille en pleine reconversion, ni même les autres Eglises…
Pas plus que le mouvement de 68, résultat d’une révolution sociétale silencieuse, Vatican II n’a provoqué le séisme qui a déstabilisé l’Eglise catholique. Et l’historien Denis Pelletier a raison d’affirmer qu’ « Imputer la crise de l’Eglise à Vatican II, ce serait comme imputer la crise climatique au GIEC » (Le Monde 12.10.22).
Le Concile n’aurait il pas en fait révélé, un peu à son insu avant les autres institutions, la mutation profonde, voire une crise globale de la société ? Un peu comme Mai 68, à postériori. Si l’Eglise catholique n’a pas manqué de clairvoyance en 1962, dans sa volonté d’adaptation à un paysage en bouleversement, on peut en revanche lui reprocher d’avoir pêché par excès de confiance, en pensant prévenir, par son propre aggiornamento, une crise qui la dépasse.
Avignon, Aix, Orange…. les festivals les plus prestigieux d’Europe n’en finissent pas d’illuminer les nuits étoilées de notre Provence ! Et il en est un qui nous comble d’émotion : le festival international de piano de la Roque d’Anthéron.

Du 18 juillet au 20 août 2022, plus de 100 concerts avec des dizaines de milliers de spectateurs et 500 musiciens vont faire vibrer et accompagner le clavier dans tous ses états : piano bien sûr, mais aussi orgue et clavecin, avec orchestre ou en solo ou encore à quatre mains… Musique classique surtout, mais jazzy aussi.
Une 42e édition marquée par l’élargissement des publics et des lieux. Des conditions particulières sont consenties au jeune public. Outre l’expérience inédite, au cœur de la nature, dans le parc du château de Florans à La Roque, il y a aussi une douzaine d’autres sites de la région (Lambesc, Aix-en-Provence, Mimet, Marseille , les carrières de Rognes, Eygalières, Gordes, Cucuron), ainsi que dans des villages sur les routes de Provence, des concerts gratuits avec les «stars de demain », élèves des masters classes en résidence.
L’alchimiste de ce formidable rendez-vous pianistique, René Martin, créateur et directeur artistique du festival est l’invité de Jean-Claude Escaffit. Ecouter l’interview
Informations et réservations sur le site du festival.
– Un itinéraire Indien avec Moïz Rasiwala (Médiaspaul 2021)
– Sur les traces du père. Questions à l’officier tué en Algérie (Salvator, octobre 2014)
– Histoire de Taizé, avec Moïz Rasiwala (Seuil 2008 et 2016) traduit en allemand, polonais, italien…
– Question de liberté, les coulisses de la bataille scolaire (DDB 1986), avec Pierre Daniel.
Texte Conférence de Jean-Claude Escaffit, ancien médiateur de la rédaction de La Vie.
Un mot sur le médiateur de presse : cette espèce rare en voie de disparition n’existe pratiquement que dans l’audiovisuel public (Radio-France, France télévisions). C’est fini dans le le groupe Le Monde auquel la Vie appartient. Avocat des lecteurs auprès de la rédaction , mais aussi de la rédac auprès des lecteurs. S’il explique les contraintes du métier au public, il donne des avis en principe indépendants et parfois critiques sur le travail de son journal, y compris dans des billets publiés sous sa seule responsabilité. Position inconfortable vis à vis des collègues et de son propre employeur dont il reste salarié. Responsable de la relation lecteurs et du forum des lecteurs (je répondais jusqu’à à 300 lettres par semaine, dont des critiques cependant minoritaires) ; cette expérience passionnante a permis aussi un regard distancé sur le métier d’informer.
On a pu voir au début des années 2000 comment la révolution internet a bouleversé les pratiques journalistiques mais aussi notre manière de nous informer, nous citoyens. Les réseaux sociaux sont un défi de taille pour l’information. Comment le relever ?
Exposé en trois parties :
1) Impact des mutations techniques sur les médias. 2) Risques des réseaux sociaux sur la fiabilité de l’info. 3) Débusquer les fake news.
Conclusion : A quelles conditions relever les défis médiatiques face à la révolution numérique
I Mutations techniques et évolution médiatiques
1 L’histoire de la presse s’est toujours construite au rythme des diverses mutations techniques. Chaque nouvelle découverte a fait chaque fois émerger de nouveaux médias, mais en bousculant ceux déjà en place.
Petit retour dans le rétroviseur. Je vous propose de revisiter très rapidement les grandes mutations de la presse : Sans remonter à l’invention de l’imprimerie de Gutenberg au 15e siècle (1454), qui a permis la diffusion de l’écrit, avec des livres jusqu’à l’arrivée en France de la première gazette en 1651, fondée par Théophraste Renaudot. (Celui du prix créé en 1926, par des journalistes pour lui rendre hommage et pour concurrencer le Goncourt ).
En fait, c’est vers la fin du 19e siècle avec la révolution industrielle que les journaux d’information naissent véritablement (dates clé : 1881 la loi sur la liberté de la presse, puis un an plus tard, celle sur l’école obligatoire de Jules Ferry). A cette époque, création Figaro, l’Aurore, La Croix, AFP. Période faste : Début 20e siècle, 600 titres en France dont 80 à Paris (quatre avec un tirage de plus d’un million d’exemplaires).
La presse écrite connaitra un monopole florissant durant plus d’un demi siècle, jusque dans les années 1930, lorsqu’elle sera concurrencée par la radio (en France, premier émetteur sur la Tour Effel date de1921). C’est un média plus souple et rapide, mais totalement sous contrôle de l’Etat. D’où aussi une guerre des ondes, notamment durant l’occupation de l’Europe par l’Allemagne nazie.
Après guerre, alors que journaux écrits et radio se partagent l’espace médiatique, va émerger au cours des années 50 un média qui va révolutionner l’accès à la culture, aux loisirs et à l’information : la télévision. Au point de prendre la première place vers la fin des années 60 et de s’interroger sur la survie de la presse écrite. Si celle-ci va énormément régresser, elle ne va pas disparaitre pour autant. Les trois grands acteurs médiatiques vont se partager l’espace avec des sortes de spécialisations implicites .
Même si ça fait un peu clichés, on s’accorde à dire que la radio informe, la télévision montre (aujourd’hui importance du témoignage par les images, de guerre, de tragédies), quant à la presse écrite, elle commente et explique. A travers ces spécificités, se dessinait une forme d’équilibre complémentaire.
Sauf qu’à la fin du 20e siècle une révolution énorme va bousculer tout cet équilibre : non seulement notre rapport à l’information, mais aussi tous nos modes de communication. La révolution Internet, une mutation du même ordre que la révolution de l’imprimerie à la Renaissance. Sans doute plus encore…
– L’émergence du numérique bouleverse le paysage médiatique de deux manières : l’accès à l’information mais aussi la production d’information à la portée de tous.
2 – L’accès de tous à l’information par les réseaux sociaux
On dénombre aujourd’hui des milliards d’utilisateurs des réseaux sociaux dans le monde (Facebook, twitter, Linkedln, Instagram, Tik-Tok, Messenger et newsletter et forum de sites).
Finie la Grand messe TV du 20h, suivie par une écrasante majorité de la population ou l’écoute des infos à la radio le matin. Surtout pour les plus jeunes. On est à l’heure du snacking de l’information à la demande, en “picorant” sur YouTube, Instagram et Facebook. Et dans ce rapport à l’information, via les réseaux sociaux, on observe une rupture générationnelle autour de 35-40 ans :
Si les plus de 35-40 ans s’informent encore majoritairement via la télévision (50%) puis par internet (25%) et la radio (17%). Chez les moins de 35 ans la tendance est inversée. Et plus le public est jeune, plus la tendance de l’internet majoritaire est marquée : Pourcentage chez les 18-24 ans qui accèdent à l’information, d’abord par internet : 75%, la TV tombe à 18% . A mettre au regard d’un autre chiffre : 70 % des 18-24 ans se sont abstenus aux législatives de 2022. En se gardant de faire des liens de causalité, on ne peut que s’interroger sur cette crise concomitante des diverses institutions.
Ce n’est pas seulement les habitudes de consommation de l’info qui ont changé depuis une quinzaine d’années, c’est aussi sa production. Finie l’information descendante et le monopole journalistique. A partir du moment où tout le monde peut être témoin d’un événement, n’importe où, n’importe quand, filmer, photographier avec son Smartphone et a les moyens techniques de les diffuser avant l’arrivée des reporters et envoyés spéciaux, à quoi servent alors les journalistes ?
Ce changement est un vrai défi pour la presse. Avec une question récurrente que nous nous sommes posés au début dès les années 2000. A partir du moment où tout le monde peut faire du journalisme, est-ce la fin des journalistes professionnels ? Multiples revues et colloques sur l’avenir de la presse. Cela a permis aussi de redéfinir la raison d’être de ce métier.
II Les risques de la révolution numérique pour l’information

Conférence publique, jeudi 16 juin à Aix, de Jean-Claude Escaffit
Comment la révolution numérique a bouleversé les pratiques journalistiques et notre manière de nous informer. Comment contrer les « fake news » et relever les défis de l’information ?15h 30 Temple protestant de la rue Villars à Aix. Dans le cadre des Amis de Dialogue RCF et en soutien de la radio . Voir le texte de la conférence

La Provence 13.03.22
Il est des mémoires qui saignent longtemps après le silence des armes. Cela fera soixante ans, le 18 mars, que les accords d’Evian ont été signés, mettant théoriquement fin aux combats sur le sol algérien. Et pourtant, la guerre mémorielle n’est toujours pas éteinte. Mémoire éclatée chez nous, mémoire confisquée en Algérie.
A défaut d’avancer avec le régime actuel d’Alger, l’ambition du rapport Stora a été de réconcilier les mémoires antagonistes de sept millions de Français concernés (soldats appelés, pieds-noirs, harkis, enfants d’immigrés…).
Les préconisations du rapport remis en janvier 2021au président de la République, prennent en compte – c’est nouveau – la diversité des blessures. Il n’y a pas de bon ou mauvais côté de la souffrance. Et il n’est de devoir de mémoire sans devoir de vérité.
La Provence 31.1. 21 :
C’est une vieille question qui passionne toujours autant. En prétendant « révéler les preuves modernes de l’existence de Dieu » , Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonassies signent un best-seller. A partir des découvertes de la biologie, de la physique, du Big Bang… les auteurs de « Dieu, la science, les preuves » (Ed. Guy Trédaniel, 580 p.) concluent à l’existence d’un Dieu créateur : « Si l’univers a un commencement, c’est qu’il a une cause qui le précède« .