La Provence 26.1.2020.
C’est un rituel incontournable. Chaque année du 18 au 25 janvier se déroule la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Dans les diocèses de France et d’ailleurs, catholiques, protestants, orthodoxes… se rencontrent pour des échanges et prières communes. Une approche encore timide entre « divorcés » qui, après quelques siècles de séparation, ne savent pas trop comment se remettre en ménage. Pas question encore d’habiter sous le même toit. Ni même de partager le même repas. Si les protestants sont ouverts à l’hospitalité eucharistique, cela coince du côté des catholiques qui ne l’autorisent que de manière exceptionnelle. Quant aux orthodoxes, ils ne conçoivent l’intercommunion qu’une fois l’unité doctrinale réalisée. Les théologiens semblent piétiner et les fidèles campent dans l’indifférence à l’égard des autres Eglises.
Le risque d’un « schisme » catholique
Tous les articles par Jean-Claude Escaffit
Missionnaire, selon Pape François et P. Destremau
La Provence, dimanche 20 octobre 2019. Page Idées
Par Jean-Claude Escaffit, journaliste, Dialogue-RCF, la radio chrétienne d’Aix-Marseille.
Exit le père blanc qui allait évangéliser les peuples du Sud ? Autrefois flanqué d’une soutane aussi blanche que sa barbe, le missionnaire d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec cette image d’Epinal. Ni même son territoire de mission. Ce sont d’ailleurs les prêtres d’Afrique qui en retour arpentent nos paroisses européennes, en jachère de vocations.
En faisant d’octobre 2019, « le mois missionnaire extraordinaire », l’Eglise catholique entend activer l’ardeur évangélisatrice des fidèles dans leurs lieux de vie. Ne soyez pas étonnés si l’on vient frapper à votre porte pour vous annoncer une « Bonne Nouvelle ». Ce ne sont plus forcément des Témoins de Jéhovah ou Mormons, mais de jeunes charismatiques notamment qui entendent répondre à l’appel du pape François à être « disciples-missionnaires ». Non à la manière d’antan, aux accents d’endoctrinement. Mais telle que l’a définie François, dans « La Joie de l’Evangile » : par la proximité amicale, dans la liberté de chacun. Et le pape d’inviter également les catholiques à « sortir de (leur) confort, pour rejoindre les périphéries et particulièrement les plus pauvres. »
En mission chez les Roms et voyageurs
Alors que débutait ce « mois missionnaire extraordinaire », on enterrait le 5 octobre dernier à Aix-en-Provence, dans une cathédrale pleine à craquer, l’un de ces authentiques témoins de l’Evangile : le père Thierry Destremau. Mêlés aux Roms et gens du voyage, paroissiens de Martigues et Marignane, Fuveau et Gardanne, Lançon et Pélissanne… pleuraient d’un seul cœur leur (ancien) pasteur de 55 ans, arraché à la vie brutalement. Comme le soulignait dans son homélie, Mgr Dufour, l’archevêque d’Aix, au milieu d’une soixantaine de prêtres et diacres, « Thierry était un voyageur de Dieu, pour conduire au Christ les pauvres et les humbles de cœur ». Car le P. Destremau était le « rachail » des gens du voyage et des Roms, dont il était devenu, en 2017, l’aumônier national. Il fallait le voir accueilli dans les camps par les cris de joie des enfants. Visage transfiguré et petite croix de bois en bandoulière, il sillonnait son territoire avec un camping-car un brin bohême. « C’est la paix du Christ qu’il apportait sur les terrains qu’il visitait », a souligné Mgr Dufour. C’est aussi l’inlassable combat pour la dignité qu’il partageait avec ces sans-voix. Dans la gratuité et le don de soi.
Les Eglises et la PMA : nouvelle donne
Provence 15.09.19
L’ouverture de la PMA à toutes les femmes, mesure phare du projet de loi bioéthique, examiné dès le 24 septembre à l’Assemblée nationale, vient d’obtenir un premier feu vert de sa commission spéciale. Les opposants au projet ont annoncé une manifestation le 6 octobre. Mais il est probable qu’ils ne mobiliseront pas à la hauteur du million de personnes descendues dans la rue contre le mariage pour tous en 2013. Sans doute, parce que les lignes ont sensiblement évolué. Et que l’électorat chrétien connait une mutation. Certes, les représentants des cultes, auditionnés par la commission parlementaire, sont restés sur leur position. Les religions monothéistes dénoncent unanimement (sauf l’Eglise protestante unie) les conséquences du mariage pour tous sur la filiation. Pourtant elles présentent un éventail de positions beaucoup plus varié qu’il n’y parait. A commencer par le catholicisme traversé par des lignes de fractures. Ainsi, une majorité de fidèles rejoint l’ensemble des Français favorables à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. Ce qui accentue le hiatus avec une hiérarchie décrédibilisée par les scandales pédophiles et défendant des interdits incompris (sur la contraception, l’avortement et la fécondation in vitro pour couples hétéro… ). Devenus défaitistes ou agacés par le durcissement d’une forte minorité d’identitaires (Manif pour tous, Alliance Vita…), nombre de catholiques ont délaissé la cause qu’ils auraient défendue il y a six ans. Il faut dire aussi que le contexte politique a changé. A la différence du quinquennat précédent, où ils s’étaient sentis méprisés par Hollande, les chrétiens n’ont cessé de recevoir des messages bienveillants de Macron. Européen convaincu, l’électorat catholique s’est alors détourné d’une droite qui l’a déçu. 43{6e8d2247ebfffa752cf2ddc5df7bc8ac5aedbce1d2c6f6869a0181304bfba48d} des pratiquants réguliers ont voté pour la liste LREM aux dernières élections (près du double du vote des Français) ! Est-ce à dire que si les oppositions sont souvent inaudibles, les problèmes sont pour autant résolus ? Loin s’en faut. Peu nombreux sont ceux à avoir une autorité intellectuelle et une clairvoyance sortie des postures idéologiques. Comme la philosophe Sylviane Agacinski, épouse de Lionel Jospin, qui nous met en garde contre une logique libérale faisant glisser immanquablement vers la marchandisation des corps, avec la GPA (1). Une idéologie en somme qui a troqué le droit de l’enfant contre un droit à l’enfant… à n’importe quel prix. (1) L’homme désincarné. Gallimard 2019.
Algérie : en finir avec la guerre des mémoires.
Provence 5 mai 2019
« L’affaire »Vincent Lambert, miroir de nos interrogations
La Provence 26 mai 2019
Quelle alternative démocratique pour l’Algérie ?
La Provence 10/3/19
Béatification en Algérie
Une première en pays musulman

Oran, Décembre 2018. Avec chrétiens et musulmans du diocèse d’Alger, nous avons rejoint Oran, le 8 décembre 2018, pour participer à la béatification de Mgr Pierre Claverie et de ses 18 compagnons (moines de Tibhirine, pères blancs, 6 religieuses… ), assassinés en Algérie durant la décennie noire. Avec un hommage aux 114 imams tués pour avoir résisté à la terreur islamiste. Une cérémonie sous le signe de la fraternité.
Merci Simone Veil
Panthéon 1er juillet 2018, décédée 30 juin 2017
Simone Veil nous a quittés. Parmi mes quatre rencontres avec cette grande Dame, je retiens cet entretien bouleversant un soir de 1995..
Appel : le vocabulaire de la haine n’est pas compatible avec l’Évangile
13 déc 2015. Citoyens français attachés aux valeurs de la République, en même temps que chrétiens de toutes confessions qui mettons au cœur de notre foi le message évangélique de justice, de paix et d’amour universel, nous éprouvons aujourd’hui une immense tristesse et une profonde inquiétude pour l’avenir de notre pays…
Lire l’appel dans La Croix.com
« Sur les traces du père »
Il n’est de devoir de mémoire sans devoir de vérité.
Sur les traces du père
Questions à l’officier tué en Algérie
Par Jean-Claude Escaffit
Préface de Yasmina Khadra, écrivain algérien : « Là où les armes ont chahuté les rêves, la main fraternelle est capable de reconstruire ce qui a été détruit. (…) J’aime le livre de Jean-Claude Escaffit , pour son message fraternel, je l’aime pour sa sobriété, sa sérénité, sa stupéfiante simplicité de prouver que les ennemis d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui. »»
Un témoignage bouleversant guidé par une démarche de réconciliation.
Un conflit revisité de façon originale et pédagogique.
Comme journaliste, Jean-Claude Escaffit a travaillé sur les droits de l’Homme, ainsi que sur l’Algérie.
Couverture articles de presse
Quelques réactions de lecteurs
Jean-Pierre D (86) : Je viens de lire le petit livre de Jean-Claude Escaffit et j’ en suis infiniment remué : transmettez lui mes félicitations pour son travail . Je suis un ancien « appelé » en Algérie où je suis resté 2 ans et malgré cela son livre m’a restitué des détails que je ne connaissais pas ou que j’ avais oubliés. Qu’ il est bon à l’ heure que nous vivons d’ entendre ce message de Fraternité. Merci à vous de diffuser des ouvrages de cohésion sociale comme celui-là.
Myriam C (13) : J’ai lu le livre Jean-Claude Escaffit. Il m’a émue. J’y ai senti un souffle qui fleurait bon l’Evangile et je rends grâce qu’il ait eu ce courage d’aller ainsi à la rencontre d’une histoire si douloureuse. Mais j’ai aussi compris que comme pour les douleurs de l’enfantement, n’était resté ensuite que le bonheur de la vie. Merci pour ce beau témoignage.
Jean-Marie R (amazon.fr) : Une histoire touchante sur fond de guerre d’Algérie. Des larmes de l’enfant qui a perdu son papa à la guerre aux interrogations de l’adulte… Un chemin vers la mémoire et la vérité, où s’entremêlent les destins croisés des Algériens, Français, Pieds-noirs et Harkis, dans un même battement de coeur loin des clivages habituels et des manichéismes réducteurs. Une aventure singulière et universelle, qui nous parle de valeurs et d’humanité. On ne ressort pas de ce récit comme avant.
Latifa T-G (facebook) : « L’histoire de l’humanité est le récit de notre inaptitude à assimiler ce que les mufleries de l’existence nous infligent à travers les âges » Yasmina Khadra, préfaçant le livre de Jean-Claude Escaffit que je viens de dévorer. En retournant sur les traces de son père tué pendant la guerre d’Algérie et cherchant à comprendre les circonstances mais surtout le rôle joué par ce père officier des Sections Administratives Spécialisées (SAS) dans un coin enclavé de petite Kabylie, Jean-Claude a le cran de courir le risque de le faire tomber de son piédestal. Un livre super touchant ! Merci.
Réconciliation et vérité. Itw par des lycéens
Recueilli par des élèves du lycée des Chartreux à Lyon, mars 2015.
Vous sentez-vous comme un acteur de la mémoire de la guerre d’Algérie? Si oui, comment ? L’êtes-vous autant de l’Histoire?
Cela dépend de ce que l’on entend par acteur de la mémoire. Nous le sommes tous à des niveaux différents. En ce qui me concerne à propos de la guerre d’Algérie, pas directement, puisque jeune enfant à cette époque, je n’avais jamais mis les pieds sur cette terre, ni été appelé à combattre là-bas parmi le million et demi de militaires français qui s’y sont succédé. Je ne suis pas non plus historien. Cependant, je suis concerné à un double titre. Ma recherche a été induite par mon parcours de journaliste ayant recueilli des dizaines de témoignages d’acteurs de la guerre. Et cela m’a amené à me poser des questions sur l’attitude d’un père qui a dû fatalement être confronté au problème de la torture, pratiquée dans tous les régiments. Le livre que j’ai écrit « Sur les traces du père – Questions à l’officier tué en Algérie » se situe au carrefour de mon histoire intime et de la grande Histoire.
La torture est-elle toujours un sujet tabou ? Et un sujet qui divise ?
